| Exemples de cas de thérapie par le chevalCas de Julien D..., 17 ans, hémiplégique
La monitrice et l'équipe éducative décide de travailler dans un premier temps le contrôle postural. Le malade n'a bien sur aucune action sur le cheval. On fait en sorte qu'il se positionne correctement, à l'arrêt. Cette étape nécessite deux, voire trois intervenants. Dans un deuxième temps, le travail se fait au pas, en ligne droite. Il existe souvent des asymétries dans les atteintes et l'introduction de la moindre courbe peut induire des difficultés importantes. On travail le contrôle postural, lors des arrêts et des départs et progressivement on introduit les voltes en veillant bien à l'acquisition des postures adéquates. Ce travail est particulièrement intéressant chez les hémiplégiques, qui ont toujours tendance à prendre appui sur le côté valide. On peut ainsi solliciter le côté hémiplégique en doublant de façon à solliciter ce côté par la force centrifuge, ou bien en supprimant l'appui au niveau de l'étrier du côté sain. Ces exercices se font en longe courte, sans que le cavalier ait à intervenir quant à la maniabilité. Les exercices de maniabilité impliquent des possibilités de coordination, regard, tête, tronc, membres et se font après, quand toutes les acquisitions préalables posturales sont obtenues. Il faut estimer les difficultés, de façon à éviter les situations d'échec. C'est ainsi qu'est réalisée une véritable kinésithérapie à cheval, complément du travail en cabinet. Après le travail au pas, le trop sera introduit, avec là aussi, une progression adaptée à sa pathologie. Cas de Mr. Didier S..., 20 ans.
Sa maman est en demande d'aide pour son fils. Il y a trois ans, Didier a fait un séjour à l'hôpital psychiatrique après avoir "pété les plombs" au lycée (violence). Ses parents se sont séparés quelques mois auparavant. Avant cela, son comportement était "normal". La médecine le classe dans le groupe des psychotiques, Didier est atteint de T. O. C. et est très instable dans ses choix, se lasse vite. Il est passionné par le cheval et c'est pour une aide par l'équithérapie que sa maman nous sollicite. Les séances se mettent en place dans un centre équestre proche. Après diagnostic, je propose à Didier de travailler la confiance, la valorisation, par des prises de décision à cheval, la concentration. Je propose à Didier de l'aider également sur le plan de sa santé par la phytothérapie, pour calmer son anxiété, l'aider à retrouver un esprit clair et faciliter l'élocution (il a pris des anxiolytiques pendant trois ans, maintenant il n'en prend plus mais son esprit est resté lent et il a du mal a s'exprimer). Didier est d'accord pour suivre le traitement, sa maman approuve. Didier est heureux de ses nouveaux objectifs, après quelques séances, il ressent le besoin de parler, de dire. Je lui propose des séances individuelles de psychothérapie pour l'aider à mieux comprendre ce qui se passe en lui, l'écouter. Le début de sa thérapie est de l'aider à repérer ses faux schémas mentaux. Les séances commencent, l’élocution devient plus aisée, son visage se détend, mais un problème survient au centre équestre. Didier s'est un peu trop éloigné (500 m.) du centre équestre, en partant faire un tour pour "respirer". Le dirigeant (qui n'a aucune formation psychothérapeutique, malheureusement) s'inquiète et lors d'un rendez-vous le lendemain avec Didier et moi-même, celui-ci lui dit qu'il n'acceptera plus qu'il vienne le mercredi (jour où il y a beaucoup d'enfants). Je n'ai pas eu le temps d'ouvrir la bouche que Didier prend cela comme une punition. Il décide de tout arrêter et de rentrer chez lui (en Ardèche). Mes tentatives pour le rassurer échouent, il est trop blessé. Les séances auront eu lieu sur 3 mois régulièrement D'où l'importance d'un lieu comme celui-ci, car des cas comme Didier sont nombreux, il est primordial d'avoir un encadrement formé aux besoins de ses personnes et à leurs pathologies. |